RAPPORT D'ACTIVITÉ OBSERVATOIRE DE HAUTE PROVENCE

WTMLF #1
de Émilie Lasmartres
Exposition du 5 Juillet au 31 Août 201, Hall Virmos, O.H.P./C.N.R.S., dans le cadre de la manifestation "Au cœur des forêts provençales"

Sous la forme d'un réel laboratoire d'expérimentations, cette installation interactive et écoplastique a su sensibilisé le public sur le devenir de nos forêts et de la fragilité de nos environnements (réchauffement climatique, pollutions, exploitations abusives des ressources naturelles, etc...)
Le Hall Virmos, unité d'intégration, a permis la mise en place d'un laboratoire contenant un Sas de décomposition (feuilles de chêne, bois, insectes xylophages : larves de coléoptères, de capricornes, de lucarnes..., phytophages : iules et carnivores : araignées) et un Sas de composition semi-autonome (1000 plantules en pots de semis biodégradables sur tapis végétal et tapis de régulation hydrique, lucarnes, grillons, coccinelles...).

Les visiteurs, de 2 à 80 ans, furent invités à apprécier la manière dont évoluent les espèces végétales de la zone méditerranéennes dans leur diversité en milieux artificiel (20 espèces au total). Ils furent amenés à comprendre les articulations qu'entretiennent l'Art et la Science et leurs capacités de produire des œuvres d'art à partir d'un concept assez simple et de matériaux présents dans la Nature. Car cette œuvre en perpétuelle mutation, exprime le désir sérieux de concevoir une future forêt type méditerranéenne dans le but d'une restauration écologique via le prélèvements de plantules, de tout autre végétal voués à disparaître et d'insectes permettant la constitution d' un biotope dit "provençal".
Le public constitué (les Juillettistes étant bien différents des Aoûtiens) a été généralement intéressé par les phénomènes écologiques, par l'art et surtout par les recherches effectuées dans les laboratoires scientifiques du site de l'Observatoire de Haute Provence, en particulier par le pôle environnemental de l'O3HP. Car cette installation artistique résulte avant tout des nombreuses collaborations entre l'artiste, les scientifiques des différents pôles de recherche, des membres des communautés locales, des politiques, les paysagistes et des techniciens spécialisés.
Cette expérience du travail en laboratoire (observations et analyses des processus de développement de la chênaie) relève d'une intuition et d'une pratique qui ne peuvent être conçues sans rapport avec la proposition d'une solution locale. En effet, sous son aspect éphémère, cette étude a permis de comprendre le lent développement des végétaux sous de nombreux facteurs (scénarios) et il est impossible de ne pas poursuivre et d'étendre cette recherche au delà de la date de fin d'exposition, soit le 31 Août 2011.

En conclusion, l'aménagement de l'espace comme l'usage des cartes sont pour l'artiste autant d'outils de connaissance d'un environnement tissé de matériaux, de formes et de représentations langagières qu'un idéal de réconcilier l'art et la science, la théorie et la pratique qui y est déjà associée.
"L'œuvre d'art" finalement est le seul moyen de communication complet et sans voile entre une communauté de chercheurs et de non-spécialistes.

© Emilie Lasmartres 2021